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Des nouvelles du quartier ...Pernety-Plaisance.

Un quartier animé et qui jusqu'à ces derniers mois était parvenu à maintenir son ambiance «villageoise», fruit d'un siècle et demi de vie commune principalement caractérisée par la proximité des artisans, artistes et commerçants, dans un périmètre géographique et sociologique qui n'a pourtant pas été épargné par les politiques d'urbanisme technopathe et bureaucratique, mais qui a su les affronter avec quelques succès. Ainsi était entretenue une connivence citoyenne entre les habitants, riverains et commerçants, en dépit d'une grande diversité sociologique. Mais des dommages sociaux ont fini par venir troubler le paisible village « caché » du 14ème. Les mises en gardes des habitants et des associations n'ayant guère été entendues par les autorités et les élus municipaux, la dégradation des rapports sociaux s'est aggravée et répandue dans certains secteurs devenus « sensibles ». Au point que, face aux événements graves et aux troubles survenus cet été, et confrontés à l'impotence des élus et de l’administration municipale, les habitants ont fini par ranimer les pratiques d'action collective qui sont une des traditions de ce quartier historiquement solidaire et réfractaire.

Des collectifs d'habitants se sont constitués, spontanément et revendiquant une indépendance totale à l’égard des partis politiques et des groupements confessionnels. Rassemblant des habitants exaspérés et décidés à s'organiser localement pour palier la carence de leurs élus, d'un secteur qui s'étend de la place de Catalogne/rue Vercingetorix/rue Pernety/rue de Gergovie/rue de l’Ouest/rue du Château incluant les rues Guilleminot, Croce-Spinelli, Ventadour, Desprez, Cange, Holweck aux rues Raymond Losserand et Didot, et les squares, terrains et espaces verts riverains, notamment le jardin de la ZAC Didot et les divers espaces publics de la « coulée verte ». Sur ce vaste périmètre géographique ils ont douloureusement constaté une série de faits alarmants que la tragique actualité parisienne met d'autant plus en relief.

Du reste ce sont de nouveaux « créatifs du quartier » qui avaient revendiqué ces événements «spectaculaires» et la nouvelle conception de l'animation citoyenne qu'ils visaient à manifester. Soucieux comme tout un chacun de reconnaissance publique de leurs talents, ils ont mis en scène eux-mêmes leur point de vue sur le « vivre ensemble » du quartier, en tournant «sur place» puis en diffusant sur internet les vidéos musicales qu'ils en ont tirées. La mairie n'a pourtant pas jugé opportun (dans l'immédiat) de subventionner les initiatives de ces musiciens de quartier, jugeant probablement leurs thématiques un peu clivantes.

Dans un deuxième opus, qui faisait suite aux interventions consécutives de la maréchaussée pour soustraire les jeunes artistes locaux à l'adulation de leurs fans du quartier, on notait que les armes avaient été déposées (à l'inverse de la précédente, pleine de "guns" et de sombres invectives) ...

Un bilan peu incitatif

Pour autant, peu convaincus par ces prestations comme des pratiques artistiques associées, les collectifs de quartier n'ont pas été dissuadés de recenser les dommages "collatéraux" collectivement subis, et ont fini par investir le dernier conseil de quartier pour les faire connaître :
- une dégradation accélérée de la situation du quartier depuis plusieurs années, signalée à de très nombreuses reprises aux autorités compétentes : sécurité, tranquillité publique, qualité de vie, propreté
- une appropriation systématique des espaces publics par des bandes et autres groupes privés, le plus souvent après 14 heures, appropriation pour une grande partie liée à des activités de trafics illicites (drogue, objets volés ou contrefaits etc…)
- une impuissance voire une absence de volonté des autorités et des élus à faire respecter l’ordre public, y compris face à des actes de violence extrême (incendies, agressions physiques et verbales …) et d’intimidation aux formes diverses
- une impuissance à faire vivre une mixité sociale qu’ils ont choisie d’installer et continuent à installer sur cette zone géographique
-la multiplication des fermetures de commerces sur le secteur (locaux à vendre, baux à céder)
- l’évitement par de nombreuses familles du collège Giacometti, classé en ZONE 4 par le Rectorat de PARIS, ce qui aurait dû l’inscrire, depuis plusieurs années en « zone d’éducation prioritaire », comme les autres collèges parisiens de ce groupe.

Un plan d'intervention citoyen
"de quartier"

Les membres de ces collectif ont pour objectifs déclarés : le retour à une vie de quartier où chacune et chacun pourra vivre, dormir, travailler en paix et en sécurité, la restauration de la convivialité, de la propreté, la qualité de vie et de l’environnement dans leurs quartiers. Ils ont délibéré et imaginé les mesures concrètes et raisonnables qui peuvent être réalisées sans délais ni budgets exceptionnels :

- un renforcement de toutes les formes de contrôle et surveillance des espaces publics : Police, DPP (Ville de Paris), GIPS (bailleurs sociaux) chacun dans son champ de compétences qui permettrait

* l’interpellation des délinquants et leur mise à disposition de la Justice (trafics, vols et recels, délits routiers, incitation à la haine etc…)
* la mise en œuvre effective et systématique des sanctions pénales et administratives prévues par les textes règlementaires pour les infractions innombrables existant sur le quartier (dépôts sauvages, attroupements, nuisances sonores, non respect du Code de la Route etc …)
* l‘expulsion des logements sociaux des personnes transgressant les lois de la République et mettant en péril la vie collective des immeubles et du quartier

- l’installation de caméras sur tous les sites et carrefours repérés comme lieux avérés ou potentiels de délinquance et/ou de danger pour les habitants et usagers
- l’installation de mobilier urbain interdisant des conduites dangereuses et fermant, pendant la nuit, les squares, espaces verts, terrains de sport cela afin d’empêcher les attroupements bruyants et/ou délinquants
- le renforcement de la signalétique routière protégeant les piétons et les conducteurs de véhicule
- l’augmentation de la fréquence de passage des personnels assurant la propreté des rues et des espaces verts
- une clôture identique à celle qui existe déjà dans jardin de la ZAC Didot, côté jeux d’enfants. Même hauteur, même forme, même couleur, parfaitement symétrique à la première par rapport à l’allée traversante. En sorte de mettre un terme, à la « privatisation » du jardin par des dealers, repoussant les familles avec de jeunes enfants vers des lieux plus hospitaliers.
- la mise en œuvre des dispositions prévues dans le Contrat local de sécurité parisien pour la période 2015-2020
- un renforcement immédiat et significatif des actions de prévention spécialisée par des organismes et des personnels réellement compétents, limitant les risques de basculement de jeunes et enfants dans la délinquance ou dans toutes formes d’embrigadement idéologique ou religieux
- le soutien au maintien et à l’installation de véritables commerces de proximité et de petites entreprises qui constituent la dynamique du quartier
- la prise en charge par des organismes et associations compétents des enfants et jeunes en difficulté scolaire ou déscolarisés, afin de favoriser leur réussite et leur insertion sociale et professionnelle, par un soutien scolaire et des loisirs éducatifs
- la mise en place d’un accompagnement à la parentalité afin de favoriser la cohésion entre l’éducation familiale et l’éducation dispensée par l’école de la République mais aussi de responsabiliser les parents vis-à-vis des actes de leurs enfants
- le développement d’entreprises, en particulier celles de l’économie sociale et solidaire, favorisant l’alternance formation/entreprises et l’entrée sur le marché du travail pour les jeunes désoeuvrés, n’ayant ni diplôme ni formation professionnelle

Avis

Les centaines de personnes que rassemblent ces collectifs se déclarent collectivement prêtes au dialogue avec la Mairie d’arrondissement et la Mairie de Paris, le commissariat, la Préfecture de Police et les autorités judiciaires, aux pétitions, manifestations publiques et toute forme de mobilisation collective à leur initiative ou à celle de partenaires ou associations ayant des objectifs similaires, à des partenariat avec les associations des quartiers voisins et les associations de commerçants et d’entreprises, comme avec le Conseil de quartier, sous réserve que se révèlent sa volonté et sa capacité de partager les analyses et de faire aboutir la demande prioritaire des citoyens qu’est la volonté de vivre en paix et en sécurité.

Dont acte ...

Des animations de quartier diversement appréciées
Tag(s) : #pernety ouest